Le trône et le tabouret

Un trône vide s’ennuyait au royaume d’Ithaque
Se souvenant d’Ulysse, escomptant Télémaque
En cette salle esseulée, espérant un banquet
Il devine un tabouret, que fait ici ce simplet ?

Tu gênes ma vue, tu mutiles la vive lumière
Tu n’es que de bois, moi en glorieuse pierre
Tu ne sers qu’au miséreux, au vain voyageur
Rien de noble en toi, aplomb de naufrageur

Le tabouret discipliné recule puis se rebelle
Se refuse à offrir à ce monolithe la part belle
Tu n’es qu’un mastodonte inutile et antique
Représentant fragile d’une vie monarchique

Le peuple te fera craindre la vive République
Il se rassemble, gronde de ton attitude inique
Tu peux me brûler, la liberté est un oriflamme
Sache que jamais tu n’étoufferas sa flamme

Pourtant nous ne sommes pas si dissemblables
Nous vivons la tyrannie de ces êtres palpables
Leurs esprits étroits ainsi que leurs larges séants
Nous ne sommes que matériel et eux si pesants

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