Brune

Métamorphose

Tes couleurs ont frappé de leur poignard changeant
De toutes leurs forces mon entité en larme d’océan
Pas le choix, tu avais décidé pour moi, ailes de goéland
Traversant les nuées fatales de mon esprit adolescent
Coup de foudre des rochers sur la plage s’abandonnant
A l’écume de ton regard, j’ai baissé le mien lentement
Devant tant de fureur et de douceur, coquille sauvage
Polie par tes vents, emportée par tes illustres naufrages
Le sel de ta peau humide envahissait mon armure de cuir
Ma carapace humaine s’entrouvrait, laissant s’épanouir
Mon âme dévêtue face à tes flux et reflux immuables
Tu m’as offert la protection de mes rêves inaltérables
Depuis lors, estampillée aux fers vifs de tes embruns
Je me sens à jamais rebelle devant le mortel quotidien

Horizon insensé

Champ intense du chant des ondes
A se perdre en privilégiée déraison
Infini des méandres des résurgences
Sourire lunaire, aube des possibles
Périple spirituel en perpétuelle rive
Oscillant entre venelle aquatique
Et rocs où nos existences s’épuisent

Exil

Brûle

Itinéraire lunaire

Discrétion

Serais-je jamais un manque
Peut-être une saltimbanque
Jouant avec les mots
Issus de ces maux
Combustion du cœur
Refusant le malheur
Acceptant l’absence
Depuis la naissance
Jamais assez apaisée
Toujours effrontée
Serais-je un tremblement
Près de votre âme
Jamais un blâme
A peine un bruissement
En libre passagère
Vibrante et légère

Dernier baiser

Trouble pur

Ondule entre éclairs d’eau miroitant
Sur les chairs, ton ardeur se faisant
Caresse vivifiante, regain de pureté
Contant douces courbes pigmentées
Insaisissable, en impulsion intense
Inscription fragile de ta constance
De saison d’orage au touffeur d’été
Don gracieux, originelle convivialité

Louve