Demande à la blonde, la rousse et la brune

Les multiples contes de ce chevalier errant

Enfermé dans les méandres de ses infortunes

En conquête sempiternelle puis se lassant

De délacer la même nymphe affectionnée

A peine la fusion passionnément esquissée

Songeant à la prochaine île inaccessible

La parenthèse offrant à son âme illisible

Un apaisement, une aurore de renaissance

Le déracinant de son orpheline ganse

S’enchâssant, lui promettant cette latitude

Illusoire, offrande d’avenir sans habitude

Assuré de naviguer de rive en orée fugace

Où le tendre n’abandonne aucune trace

Se protégeant en vif amant prospecteur

Omettant le néant marquetant son cœur

Trois actes

Entrée en scène, face à face

Regards appuyés, restés de glace

Danse des corps en mouvance réduite

Langage d’une main tendue, séduite

Écoute des perceptions inaudibles

Enchantement d’échanges intangibles

Ondes métamorphosées, lien envoûtant

Ancré en tête en océan mouvant

 

 

Cadran marquant les espaces vides

Chacun vaque, garde son cœur invalide

 Fracas d’une coïncidence latente

Désirs en braises sourdes montantes

Dérapages incontrôlés des corps

Échange du sensitif, d’une petite mort

Effroi apaisé, plus de questions

Renouer avec la fantaisie en tentation

 

 

Virevoltant partage sans limite

Pourtant le cœur s’emballe, palpite

Sur ses gardes, refusant le don pur

N’osant plus ce que les lèvres assurent

Rives du tendre s’éloignant, se rapprochant

Telle la lune avec la marée jouant

Peu de paroles d’avenir, trop aventureuses

Attente du rideau glacé d’un fin tortueuse

Emmenez-moi…

Le mal de mer l’envahit …

La Manche est de mauvaise humeur ce matin de juin, ses vagues ont des creux de deux mètres. Se doute-t-elle qu’elle va subir l’assaut de plus d’une centaine de milliers d’hommes accompagnés de fer et de feu. Elle tangue, valse et eux se tiennent serrés les uns contre les autres, l’estomac en fusion.

Ils sont sur l’un des 6 939 navires, une véritable Armada à l’assaut des côtes françaises. Cette opération de grande envergure a pour nom : Overlord. Ils sont l’union des nations contre la barbarie nazie. Ils sont américains, australiens, néo-zélandais, espagnols, polonais, français …
L’objectif des Alliés, dans cette opération, est de créer un autre front en Europe du Nord-Ouest et ouvrir un accès assez rapide vers le cœur de l’Allemagne.
Le plan exécuté en Normandie s’articule en deux phases :
S’emparer d’une tête de pont afin de prendre le nœud routier de Caen et du port de Cherbourg.
Élargir la zone par la conquête de la Bretagne et des ports de la façade Atlantique, avancer jusqu’à une ligne allant du Havre jusqu’à Tour.
Les Allemands se préparent aussi à l’offensive. En 1942, ils ont construit le mur de l’Atlantique, système de fortifications côtières, pour empêcher l’invasion de l’ouest du continent européen par les Américains et leurs alliés. Il s’étend de la frontière hispano-française jusqu’au nord de la Norvège et est renforcé sur les côtes françaises, belges et néerlandaises. Tel Cassandre, le 22 avril 1944, le maréchal Erwin Rommel déclare à son aide de camps : « Croyez-moi, Lang, les premières vingt-quatre heures seront décisives… Le sort de l’Allemagne en dépendra… Pour les alliés comme pour nous, ce sera le jour le plus long » …

A bord des navires, les soldats savent que le pire les attend sur les plages de Normandie. La pluie s’écrase sur les casques, certains recouvrent le crâne de gamins d’à peine 20 ans.

L’un deux est un grand enfant, il a gratté sa carte d’identité pour inscrire un huit au lieu d’un sept, le rendant majeur et lui permettant de pouvoir s’engager. Il sent venir l’orage des munitions et des bombes qui vont jaillir tel un 14 juillet furieux et brouillon. Son enfance métissée s’est déroulée sous le soleil imposant des bords du Pacifique. En lui luttent le quaker irlandais et le sang apache en rébellion éternelle. Il s’est révélé à lui-même lors d’une visite dans un musée où une forme élancée lui a montré que le travail des mains était aussi un art. Partir, partir vers le pays de Rodin et de Giacometti était devenu son objectif, son ultime aventure quitte à se perdre dans cet univers entre aquatique impétueux et plages meurtrières.

Il s’appelait Peter, c’était mon père …

Flying to the moon

« Le 21 juillet 1969, la lune, en satellite tranquille, ignore que plus de 500 millions de regards l’observent. Des millions plus trois. Ces trois-là, Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins la regardent de très près, ils ont tourné autour d’elle, lui faisant une cour d’étoiles.
Ils sont accompagnés par un divin chaperon : Apollo.

A des millions de kilomètres, au cœur de Paris, une petite fille de cinq ans encore ensommeillée, se demande pourquoi sa mère l’a levée au milieu de la nuit noire d’encre. Pourquoi l’immense télévision est allumée, offrant ses images, en déclinaison du plus sombre au plus immaculé. Se lever tôt pendant les vacances, ce n’est pas drôle !
Elle se souvient que la veille, sa maman lui a longuement parlée de la lune et d’un événement exceptionnel, une surprise stellaire.

Elle ne sait pas que cette surprise est le résultat d’une guerre des étoiles entre les États-Unis et l’URSS. John Fitzgerald Kennedy veut démontrer la supériorité de son pays face à Nikita Kroutchev, Premier Secrétaire du parti communiste de l’Union Soviétique. Les américains avaient été devancés par le lancement de « Spoutnik », premier satellite et le vol dans l’espace de Youri Gagarine ainsi que sa réussite de la rotation complète de la Terre.
C’est un duel entre deux super puissances. Celui-ci dure depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et a pour nom la Guerre Froide. Montrer à la face des peuples du monde que le conflit s’étend jusqu’à l ‘espace sidéral.

Pourtant quand le module d’exploration lunaire, le LEM, nommé Eagle, se détache du poste de commandement Columbia, il ne se dirige pas vers un champs de bataille mais vers la mer de la tranquillité.
L’objectif officiel est :
De valider les techniques d’atterrissage,
D’évaluer les capacités humaines dans l’espace
Et de collecter des échantillons lunaires

Le premier pas de Neil Armstrong émerveille la petite fille, elle entend les mots : « C’est un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité.

Ce qu’elle ne sait pas c’est que plus tard, en se baladant sur la Lune, Neil Armstrong aurait dit à Houston : « Good luck, Mister Gorsky ».
Pourquoi ?
Ne voulant répondre pendant trente ans, Armstrong aurait fini par confier :
« Monsieur Gorsky est mort maintenant. Je vais pouvoir répondre à votre question : lorsque j’étais gosse, j’avais l’habitude de jouer au basket dans le jardin. Un jour, le ballon atterrit dans le jardin du voisin. Au moment où j’allais le ramasser, je suis passé devant la fenêtre de la chambre à coucher de M. et Mme Gorsky, nos voisins. Et là, j’ai pu entendre madame Gorsky qui disait à monsieur Gorsky : « Une gâterie ? Tu veux que je te fasse une gâterie ? Je t’en ferai une le jour où le gosse du voisin marchera sur la Lune ! » …