L’oeil et la plume

J‘ai pris ta main comme un oiseau fragile
Sans refermer la mienne, geste gracile
Simplement posée dans la mienne, légère
Tendu mon regard dans le tien si fier
Ne demandant rien, peur d’être bouleversé
Crainte de ton âme de se sentir apprivoisé
Approchant de toi à pas de chat échaudé
Craignant moi aussi d’être transformée
Par cet échange, œil à plume échangé

Voyage

mur

Esquisse

Ce jour-là

Ce matin-là, je ne savais pas qu’un ami allait m’oublier
Cette heure-là, j’ignorais encore qu’il devait me manquer
Cette minute-là, je croyais que nos frontières de pensée,
Que nos différences ne feraient que de nous rapprocher
Cette seconde-là, je l’espérais tolérant comme je le suis
Que nous serions au-delà de nos divergences, un appui
Ce jour-là, je ne pensais pas quitter cette affable amitié
A cette heure-là, il a tout submergé, gommé, supprimé
A cette minute-là, il a décidé que nos sourires partagés
Seraient remplacés par un froid silence pétrifié et glacé
A cette seconde-là, l’aphasie d’un échange, il a décidé
Alors, j’ai repris mon bâton de pèlerin de la complicité
Heureusement, d’autres cœurs sont toujours à partager
Entre leurs connaissances et mes irrationnelles pensées
Malgré leurs folles idées, je ne les ai jamais abandonnés
Ils m’ont compris souvent même s’ils m’ont vu dérivée
Unions ou différends, nos rires étaient notre harmonie
Je les garde dans mon âme, au plus profond de ma vie

 

Ecueil

Libérée

Là-bas enfin tu te reposes
Sous nulle terre, tu ne te disposes.
Lentement évanouie
Subitement partie.
Trop de questions posées
Pas de réponses à donner.

Fin d’été,
Tu t’es envolée
Au propre comme au figuré.

La terre était trop pesante,
La mort beaucoup trop présente.

Tu es une âme vive,
Multiple, généreuse, libre,
Des souvenirs, enchaînée,
Tu es devenue désenchantée
Rien ne te retenait plus
Tu étais enfin résolue
A … Partir