Lettre fictive

Fille de la Terre

La nature est fille de la liberté, elle découvre toujours une route
Entre les grilles des villes, les fêlures des murs, elle ne redoute
Ni le gel, ni l’ardeur de l’astre, du boréal aux confins du désert
Elle est emblème de l’espérance, son langage troublant et disert
Pas de vaines attaches, fidèle face aux saisons, vive âme éternelle
Douce comme l’herbe tendre sous nos corps tendrement alanguis

Sauvage comme la savane, abritant les derniers habitants libres
Obstinée tel le lichen dans les toundras glacées où le vent vibre
Seul l’Homme est son inconséquent destructeur, ravageur ultime
Occupant et s’attribuant des espaces nobles en squatteur illégitime
Comme un enfant redonnant son amour à son obligeante génitrice
Préservons-là ou nous serons avec elle détruis en un inutile sacrifice

Mazel Tov

Une entrée discrète au cœur de Paris, dans une rue calme, entourée par le froid d’un hiver rigoureux, j’entre dans la synagogue. L’accueil est serein et souriant.

Pénétrant dans le sanctuaire, j’aperçois la jeune demoiselle qui va passer de l’état d’enfance à celui d’être responsable et sa famille. L’atmosphère est à la fête mais sans effervescence, une prise de conscience, un moment réfléchi par un jeune esprit.

Je m’installe avec les femmes, non pas comme le veut la tradition dans la galerie qui leur est réservée mais sur les bancs devant la Tevah, nous ne serons séparées des hommes que par la travée partageant le lieu de prioritaire en deux. Une façon de respecter la tradition tout en restant proche de celle qui fait sa Bat Mitzvah.

Un lien secret, invisible se crée dans ce lieu existant depuis la deuxième moitié du XIXème siècle où Eiffel a posé son œil d’ingénieur. Une douce chaîne d’affection nous lie à ce bout de femme dans cet instant de prière, de confirmation religieuse.

La cérémonie est très simple, émouvante, le rabbin accompagne cette affirmation de soi dans la vie religieuse et nous explique son importance, sans emphase, avec générosité. Parmi l’assemblée, il y a des israélites mais aussi ceux qui ne le sont pas. Cependant, tous les participants sont touchés par cette foi offerte librement, par cette jeune voix faisant résonner des millions d’âmes, par la tradition transmise, ce fil indéfectible unissant les croyants.

Les parents sont touchés comme nous tous, quelques larmes glissent le long des joues, elles sont les perles de leur profond amour.

Un amour sans fin

On vit au fil des jours
Dans un film d’amour
D’abord nos géniteurs
Qui éloignent nos peurs,
Nous font grandir
A travers l’avenir.
Puis nos amants
Embrassant tendrement

Ou partant lâchement.
Et puis nous rencontrons
Un vrai compagnon.
Nous construisons,
Nous bâtissons
Et enfin nous transmettons
Cet amour sans fin
Avec des sentiments pleins
A une nouvelle génération…