Empreinte


Empreintes de géants monolithiques

Venus des mondes infinis, féeriques
Ils ont posé sur le sable leurs traces
Sur lesquelles les ondes passent
Transformés leurs larmes en pierre
Recueillant les algues, fleurs de mer
Se nourrissant d’iode et de vents
Protecteurs des oiseaux, les berçant
Aujourd’hui, ils dorment, espérant
Le doux baiser du flux intense, aimant.

Mazel Tov

Une entrée discrète au cœur de Paris, dans une rue calme, entourée par le froid d’un hiver rigoureux, j’entre dans la synagogue. L’accueil est serein et souriant.

Pénétrant dans le sanctuaire, j’aperçois la jeune demoiselle qui va passer de l’état d’enfance à celui d’être responsable et sa famille. L’atmosphère est à la fête mais sans effervescence, une prise de conscience, un moment réfléchi par un jeune esprit.

Je m’installe avec les femmes, non pas comme le veut la tradition dans la galerie qui leur est réservée mais sur les bancs devant la Tevah, nous ne serons séparées des hommes que par la travée partageant le lieu de prioritaire en deux. Une façon de respecter la tradition tout en restant proche de celle qui fait sa Bat Mitzvah.

Un lien secret, invisible se crée dans ce lieu existant depuis la deuxième moitié du XIXème siècle où Eiffel a posé son œil d’ingénieur. Une douce chaîne d’affection nous lie à ce bout de femme dans cet instant de prière, de confirmation religieuse.

La cérémonie est très simple, émouvante, le rabbin accompagne cette affirmation de soi dans la vie religieuse et nous explique son importance, sans emphase, avec générosité. Parmi l’assemblée, il y a des israélites mais aussi ceux qui ne le sont pas. Cependant, tous les participants sont touchés par cette foi offerte librement, par cette jeune voix faisant résonner des millions d’âmes, par la tradition transmise, ce fil indéfectible unissant les croyants.

Les parents sont touchés comme nous tous, quelques larmes glissent le long des joues, elles sont les perles de leur profond amour.