Vents contraires

Les vents d’Est et d’Ouest m’ont donné naissance, ils balancent mon cœur ainsi que des anges. L’océan a donné vie à l’Homme. L’Atlantique m’a offert un père traversant les orages et les foudres des combats. Mon éternel retour vers les flots vifs est comme le jaillissement de mes racines.

L’être humain est fait de micro fissures qui marquent sa naissance et son enfance. Il vit sa résilience toute sa vie, dans la mesure de ses possibilités. Il ne peut avancer qu’en créant ses propres fondations, à partir de son passé, de son environnement, il est bâtisseur de lui-même. Il rompt le cordon ombilical, il se rebelle, c’est sa liberté qu’il gagne.

Un jour, il rencontre l’autre, qu’il croit être son double mais ce n’est que le vague reflet d’un rêve éveillé. Il aime comme une friandise trop vite consommée. Il passera de gourmandise, en fast-food avant d’arriver à la simplicité et à la pureté d’un amour qui se déguste. Cela aussi le construira. Il y aura peut-être des séparations qui seront douleur, deviendront cicatrice puis légère trace.

De ces rencontres, une ou deux le marquera à vie et il tentera de retrouver ces compléments de son âme. Il ne sera jamais déçu, s’il est honnête et accepte que le temps passe sur eux.

S’il a aimé réellement un jour, ce sentiment, bien que transformé, ne s’effacera pas.

J’ai vécu tout cela. L’analyse de tous ces instants précieux m’a offert une certaine philosophie. Je vis plus le temps présent, je regarde chaque jour comme une offrande de mes chers absents.

J’imagine bien qu’un jour la faucheuse me rattrapera. Ce sera, je l’espère, un combat loyal, je la regarderais en face, un défi dans les yeux avec un soupçon de peur. Je retrouverais sûrement des êtres chers et s’il y a un Dieu, il devra m’expliquer certaines choses. Je ne sais pas si à l’ultime voyage, je serais seule mais mon cœur sera habité par tous ceux qui m’ont aimée.

Je me souviens de ce que j’ai dit à la mort de ma mère : Nous naissons seul, nous vivons seul et nous mourons seul.

A ce moment là, nous sommes des voyageurs sans bagages sauf ceux de l’âme.

Libérée

Là-bas enfin tu te reposes
Sous nulle terre, tu ne te disposes.
Lentement évanouie
Subitement partie.
Trop de questions posées
Pas de réponses à donner.

Fin d’été,
Tu t’es envolée
Au propre comme au figuré.

La terre était trop pesante,
La mort beaucoup trop présente.

Tu es une âme vive,
Multiple, généreuse, libre,
Des souvenirs, enchaînée,
Tu es devenue désenchantée
Rien ne te retenait plus
Tu étais enfin résolue
A … Partir