Fille de la Terre

La nature est fille de la liberté, elle découvre toujours une route
Entre les grilles des villes, les fêlures des murs, elle ne redoute
Ni le gel, ni l’ardeur de l’astre, du boréal aux confins du désert
Elle est emblème de l’espérance, son langage troublant et disert
Pas de vaines attaches, fidèle face aux saisons, vive âme éternelle
Douce comme l’herbe tendre sous nos corps tendrement alanguis

Sauvage comme la savane, abritant les derniers habitants libres
Obstinée tel le lichen dans les toundras glacées où le vent vibre
Seul l’Homme est son inconséquent destructeur, ravageur ultime
Occupant et s’attribuant des espaces nobles en squatteur illégitime
Comme un enfant redonnant son amour à son obligeante génitrice
Préservons-là ou nous serons avec elle détruis en un inutile sacrifice

Time

Seconde après seconde
Heures, semaines, années
Échange de bons procédés
Notre inclinaison, toi et moi
Mélange de constance et de liberté
Fidélité vive corps et cœur nous inonde
Indépendance de l’esprit, une forme de loi
Accords et dissonances construisent notre vie
Composant à tout jamais une éternelle alchimie

Esprits nocturnes

Nous nous cachons toujours un peu sous des masques
Le jour est le lieu de nos carnavals intérieurs
Montrer bonne figure, patte blanche
Quand sourire ou larmes sont de sortie
Racontant des histoires de vie
Troublant celui les recevant
La nuit est ma vérité sans détour
Elle accepte mes désastreuses pensées
Ou les plus folles, celles inédites de l’âme
Corrigeant les faux semblants, les drames
Elle est le siège des désirs malicieux
Même si le sommeil, besoin impérieux
Nous construit parmi nos rêves fallacieux
Nous emmenant dans des étranges lieux
Je laisse le noir me guider, sa main généreuse
M’offrant une vive issue pour mon esprit vivant

Tabous

La société nous gave de tabous
Nous sommes en abri perpétuel
Alimentation, cigarette, alcool,
Route et amour dangereux,
Rapports devenus virtuels
Pensée, politiquement correct

Étouffement du naturel
Vivre sous assistance
Mourir en bonne santé
Nous vivons dans un zoo

Dont nous sommes les gardiens